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L'assurance chômage victime des lois Dutreil ?

Thomas Bronnec -  20/12/2006 16:13:00  - L'Expansion.com 
 
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Les escroqueries liées à la création de sociétés fictives ont coûté 140 millions d'euros à l'Unedic, selon un rapport parlementaire. En cause, notamment, la simplification des procédures administratives pour les créateurs d'entreprise.

Créer une entreprise en France est peut-être devenu trop facile. Dans un pays longtemps moqué pour son inutile paperasserie, ce n'est pas le moindre des paradoxes soulevés par la mission parlementaire qui a planché sur les escroqueries à l'assurance chômage. « Le phénomène existait avant les lois Dutreil de 2003, concède le député UMP Dominique Tian à LExpansion.com, président de cette mission, mais il a incontestablement pris un caractère industriel depuis cette date ». Plus de 140 millions d'euros ont ainsi été extorqués aux Assedic cette année par des sociétés vite créées, censées avoir employé des faux salariés qui viennent réclamer leurs indemnités après un licenciement tout aussi fictif que leur embauche. Un coiffeur qui licencie 40 personnes, un immeuble qui abrite plus de 1400 sociétés, un même gérant responsable de 60 sociétés : autant d'incongruités représentatives de « telles pratiques, qui relèvent de l'escroquerie et s'ajoutent à la fraude résultant de pratiques individuelles [ce qui ne fait] qu'accroître le risque de discrédit qui pèse sur l'ensemble du système ». Certes, ces 140 millions représentent moins de 1% du montant total des allocations chômage distribuées. Mais, d'une part, ce montant est loin d'être négligeable. D'autre part, il n'est que la partie émergée de l'iceberg. « Plus nous contrôlons, plus nous en trouvons », remarque ainsi Jean-Pierre Revoil, secrétaire général de l'assurance chômage.

Les lois Dutreil sont-elles menacées ? « On ne prend pas l'avion avec la photocopie des papiers d'identité d'un autre, répond Dominique Tian : il ne s'agit pas de rendre plus difficile la création d'entreprise, mais de faire en sorte qu'elle soit soumise à un minimum de règles ». Aujourd'hui, comme le rappelle le rapport, « sans apport immédiat en capital et avec la simple photocopie de la pièce d'identité d'une tierce personne, une même personne peut se déclarer gérante d'autant de sociétés qu'elle le souhaite, sans qu'aucune règle ne puisse lui être opposée, sans qu'aucun contrôle relatif à sa personne ou à son activité ne soit effectué, et sans même attirer l'attention de quiconque ». Voilà pourquoi la mission demande qu'une « attention particulière » soit justement posée à ce problème lorsque sera examiné à l'Assemblée, l'année prochaine, le deuxième volet des simplifications administratives pour les PME. Dominique Tian met aussi l'accent sur la nécessité d'une « plus grande coopération » entre l'URSSAF, qui gère le paiement des cotisations, et l'Unedic, qui verse l'assurance chômage. Le député UMP insiste particulièrement sur la nécessité de créer un fichier national des gérants et dirigeants d'entreprise, un autre regroupant ceux qui ont été condamnés à des interdictions de gérer, un troisième enfin qui répertorie les entreprises qui ont mis en place des plans de licenciements. Le croisement de ces informations permettrait selon lui de rendre les contrôles plus efficaces.

 
Commentaires - (8)
MartinT 21/12/2006 Recommander 0

C'est n'importe quoi, les problèmes viennent seulement d'une mauvaise gestion de l'Unedic. C'est normal, il est géré par les syndicats et pas par les experts. Un syndicat ne sera jamais capable de gérer correctement une institution et ce n'est même pas son rôle.

Henri 21/12/2006 Recommander 0

Si nous investissons dans la répression contre la fraude nous devrions créer de très nombreux emplois. La loi Dutreil devrait juste être aménagée pour éviter la fraude.

Alfredos 21/12/2006 Recommander 0

Très peu de controle et encore moins de sanctions. Tout le monde pense que l'Etat est une vache à lait. Les fonctionnaires qui devraient controler et être responsable s'en fichent. Pourquoi s'inquièteraient-ils ? Pourquoi en cas de gros problème un entrepreneur peut-il se déclarer en faillite et remonter le lendemain la même société en changeant une lettre du nom ? On dort sur notre richesse, l'égo gonfle et la décadence approche.

thierry 21/12/2006 Recommander 2

Ce n'est pas la simplification de la création d'entreprise qui est en cause, c'est l'absence de contrôle et de comparaison entre les données Assedic et URSSAF.

Christiane 20/12/2006 Recommander 0

Pour avoir eu chez moi des ouvriers turcs ne parlant pas un mot de français... j'ai fait des recherches sur la sté qui les employait et à elle seule pour le même dirigeant il y en avait 4 !!! et toutes dans des boites de domiciliation. Résultat je n'ai eu aucune confiance et j'ai rompu le contrat avec cette "société" et heureusement car vu le nombre de malfaçons évidentes. J'ai continué mes recherches et constaté que 2 des stés avaient fermés et 2 autres ont ouvertes sous des dénominations presque identique et toujours avec le même gérant ... Moi celà m'a fait bondir ! j'ai compris qu'il y avait magouille... mais alors si moi je le constate que font les ADMINISTRATIONS CONCERNEES ???? ah oui bien sur, l'argent n'a pas d'odeur et comme les cotisations urssaf tombent peu importe d'ou finalement ! pauvre France

LEFORT 20/12/2006 Recommander 0

Dans cette simplification des formalités de créations de stés On retrouve comme à l(habitude la fausse" bonne idée" sport également pratiqué par citoyens et hommes politiques qui jamais ne réfléchissent aux conséquences de leurs décisions,éblouis qu'ils sont par leur "propre intelligence"

Claude Dermaux 20/12/2006 Recommander 0

Lors de l'inscription au CFE d'une société, le créateur devrait avoir à présenter des originaux : pièce d'identité, justificatif de domicile (facture d'eau, d'électricté ou de loyer), statuts, attestation de dépôt du capital. Autre contrôle possible : lors de la création d'une entreprise, l'Assedic devrait être informée immédiatement au même titre que le sont les impôts, l'Urssaf et autres organismes.

rondeau 20/12/2006 Recommander 0

Si les Assedic et l'Urssaf ne font pas leur boulot de croisement de fichiers, cela ne doit pas conduire à compliquer la vie des créateurs d'entreprises, mais à inciter ces organismes à faire le nécessaire. Un exemple de ce qu'ils devraient controler : Il existerait maintenant un nouveau statut juridique "entrepreneur-salarié". Dans le cadre des coopératives d'Activité et d'Emploi, des contrats de travail de 10 heures mensuelles sont signés. Les 150 ou 170 heures que font en réalité ces "entrepreneurs-salariés" ne sont pas rémunérées. Et ils continuent à percevoir leurs ASSEDIC... Les dirigeants de la coopérative, eux, perçoivent un salaire complet et le système des SCOP espère ainsi se développer. L'objectif n'est pas de faire des entreprises indépendantes mais d'engager ces "supposés-créateur" comme associés de la coopérative. Et tout ce système se développe à coup de subventions de la part des directions du travail. Une question, entre autres : quel est le régime en cas d'accident du travail qui survient lors de la onzième heure du mois ? Voyez : http://www.entrepreneur-salarie.coop

 
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