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Téléphonie mobile : les opérateurs virtuels ont-ils un avenir?

 04/06/2007 17:58:00  - L'Expansion.com 
 
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Avec 3,74% du marché français, et malgré un triplement du nombre d'abonnés en un an, les opérateurs virtuels en téléphonie mobile sont marginalisés. Leur modèle économique demeure incertain et les réclamations s'accumulent.

S'ils subissent le même sort qu'aux Etats-Unis, les opérateurs mobiles virtuels français ont du souci à se faire. Incapable de dégager des marges suffisantes, un des principaux MVNO américain, Amp'd, s'est placé lundi sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. A lire une étude d'Ineum consulting publiée le même jour, le même scénario aurait des chances de se produire en France.

Lancés depuis la fin 2004 pour favoriser favoriser la concurrence sur un marché verrouillé par les trois opérateurs historiques, Orange, SFR, Bouygues Telecom, les opérateurs mobiles virtuels peinent en effet à faire leur trou. En mars 2007, les onze MVNO en France Métropolitaine et les sept à l'Outre-Mer se partageaient 3,42% des abonnés au téléphonie mobile. Soit près de 1,7 million de souscripteurs sur un parc de 52 millions.

Or, tous ces opérateurs ne peuvent se partager que des miettes. Puisqu'ils ne possèdent aucune infrastructure, ils doivent racheter à prix de gros (entre un quart et un tiers moins cher) à un opérateur classique des minutes de communications. Ils les revendent ensuite à un prix dépendant du coût d'achat tout en tentant d'être compétitifs. Après avoir enlevé les dépenses publicitaires pour attirer les clients, les rémunérations des vendeurs et des fournisseurs de contenus, le coût du support clientèle, il ne reste plus grand chose. Pour avoir une chance de s'en sortir, ils doivent donc rapidement gagner des abonnés. Ce qui ne va pas de soi. Certes, ils affichent une forte croissance... en ne partant de rien: +23% pour le premier trimestre 2007 et un triplement du nombre d'abonnés en un an.

Pour convaincre de nouveaux abonnés, note l'étude, les MVNO doivent proposer des innovations techniques et en terme d'offre. Or celles-ci sont subordonnées au réseau détenu par les opérateurs historiques, qui n'ont pas intérêt que la concurrence les dépasse. Ces opérateurs historiques mettent aussi les MVNO en position de faiblesse aussi face aux équipementiers. Les constructeurs de téléphones portables bénéficient d'accords avantageux avec les trois opérateurs, des accords que ne peuvent se permettre les NMVO. Autre argument de vente qui semble caduc : le pouvoir de la marque. « L'attachement des clients à la marque doit être convertible en usage téléphonique, répondant à un besoin, ce qui n'est pas toujours le cas », note Ineum.

Un besoin qui est parfois plus « terre-à-terre », par exemple la possibilité de recharger son téléphone dans des points de ventes spécifiques et pas seulement sur Internet est largement mis en avant par les clients. L'option du « tout Internet » a été choisie par beaucoup de MVNO pour diminuer les coûts mais révèle ses limites. Ils réduisent leurs cibles aux seuls utilisateurs Internet alors que la multitude des canaux de rechargement permettrait d'attirer plus de clientèle. Mais généralement le problème est plus en aval qu'en amont. Les clients choisissent volontiers des MNVO au « tout Internet » par simplicité puis « décrochent » par manque de transparence comme le montre deux enquêtes de l'association des utilisateurs en télécommunications (Afutt) et de la direction de la Répression des Fraudes. Le nombre de réclamations chez les MVNO est dix plus élevé que les opérateurs mobiles traditionnels, estime l'Afutt. Pour près d'un quart des cas, la réclamation porte sur la facturation. Le talon d'Achille des opérateurs virtuels, selon l'UFC-Que Choisir, qui met en avant le manque de transparence, la comparaison impossible entre les offres et des tarifs très ciblés.

Situation intenable ou pas ? Selon l'Ineum, certaines MVNO pourraient s'en tirer s'ils continuent à cibler « des communautés fortes et pérennes » comme les opérateurs à l'Outre-Mer, intégrer leur mobilité dans une offre « triple ou quadruple play »… ou tout simplement se faire racheter par un des opérateurs historiques.

 
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