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INFORMATIQUE

La virtualisation affole l'industrie informatique

Benjamin Ferran -  23/05/2006 16:45:00  - L'Expansion.com 
 
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La virtualisation a le vent en poupe. Microsoft, IBM, Intel et AMD montrent un vif intérêt pour ce procédé qui permet de faire tourner plusieurs systèmes d'exploitation sur un même ordinateur sans perte de vitesse. Avec des applications qui concernent aussi le grand public...

C'est un de ces mots qui fleurissent partout sur Internet sans que l'on sache forcément de quoi il s'agit. Depuis quelques mois, les géants de la micro-informatique craquent les uns après les autres pour la virtualisation. Comme son nom l'indique à peu près, ce procédé aux applications longtemps confidentielles permet de faire tourner plusieurs systèmes d'exploitation, dès lors « virtuels », en même temps et sur une seule machine. Lundi, en ouverture de la conférence WinHEC 2006, Microsoft a étalé toute son ambition dans ce domaine. Dès sa première révision, c'est-à-dire début 2008, Windows Longhorn pour les serveurs intégrera par défaut un outil de virtualisation amélioré, nom de code Viridian, attendu à l'origine un an plus tard. Entre temps, l'éditeur publiera dans trois mois un ensemble de logiciels de gestion des environnements virtuels, nom de code Carmine. Pour accélérer le développement de ces outils, Microsoft rachète également Softricity, société de Boston spécialisée dans la virtualisation des logiciels.

Pourquoi une telle frénésie d'annonces, pour un procédé apparu voilà trente ans dans quelques mainframes (centraux informatiques) d'IBM ? Parce que les outils sont aujourd'hui plus performants et accessibles. Principaux acteurs de ce renouveau : Intel et AMD. Leurs derniers processeurs intègrent des instructions pour faciliter la gestion de la virtualisation. En clair, des assistants matériels prennent directement à leur compte une partie de ce qui devait être traité jusqu'alors laborieusement par des logiciels complexes, par exemple ce qui touche à la mémoire. Résultat, la couche de virtualisation s'en trouve affinée et les performance maintenues à un niveau quasi-natif. L'autre évolution vise à déplacer cette couche, appelée « hypervisor », entre processeur et le système d'exploitation, modifié en conséquence, et non plus au-dessus du système d'exploitation, ce qui améliore aussi les performances. C'est ce que fera Microsoft, avec Windows Longhorn Server. Et ce que font déjà d'autres éditeurs, comme Xen, VMWare et Parrallel.

Les applications sont multiples. La plus évidente revient à faire tourner plusieurs systèmes d'exploitation différents sur un même ordinateur sans perte de vitesse flagrante, solution idéale pour accéder à des logiciels qui ne sont pas disponibles dans son environnement de base : par exemple pour lancer Windows et Linux sur un Macintosh équipé d'une puce Intel, ou Linux sur un ordinateur Windows. Mais c'est aussi un moyen, pour les professionnels, alors que les processeurs gagnent sans cesse en puissance, d'utiliser au maximum les capacités d'un serveur en faisant tourner plusieurs systèmes d'exploitation simultanément, chacun dédié à une tâche (serveur web, serveur de base de données, etc), au lieu de recourir à des matériels séparés, ce qui permet de réduire les coûts d'acquisition et de consommation d'énergie. Enfin, la virtualisation permet aussi, et c'est l'application la plus prometteuse, de démultiplier un système d'exploitation selon ses usages. Sur un ordinateur, un OS sera utilisé pour la navigation Internet, et donc susceptible d'être attaqué, tandis qu'un autre restera sécurisé, et donc lancé en cas d'urgence. Intel et Symantec déjà travaillent ensemble sur une telle solution, au cœur de la plate-forme vPro, destinée aux entreprises.

 
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