La France et l'Allemagne ont adopté quatre grands projets de coopération économique, dans la santé et les technologies de l'information. L'Europe veut donner à son industrie de pointe les moyens de rivaliser avec les Américains, les Japonais et bientôt les Chinois.
« Il n’y a pas de politique de croissance sans une grande ambition industrielle ». A moins de cinq semaines du référendum français sur la Constitution, Jacques Chirac a tenté mardi de vanter concrètement les mérites de l’Europe, face aux défis technologiques posés par les géants américains, japonais et bientôt chinois. Lors d’un discours prononcé mardi à la Sorbonne, le Président de la République a ainsi détaillé les quatre projets d’innovation industrielle adoptés plus tôt dans la journée par la France et l'Allemagne, lors de leur cinquième conseil des ministres commun. Ces projets découlent directement des propositions du groupe de coopération économique franco-allemand, créé à l'automne 2004, et placé sous la direction de Jean-Louis Beffa et Gerhard Cromme, présidents de Saint-Gobain et de Thyssen Krupp.
Deux de ces projets d’innovation industrielle concernent directement les technologies de l'information. Avec « Quaero », Paris et Berlin uniront leurs forces, qu’il s’agisse d’organismes de recherche publique ou d’entreprises privées, pour développer un grand moteur de recherche européen spécialisé dans l’image et la vidéo. Façon d’éviter l’hégémonie de Google et des autres outils américains pour indexer, retranscrire et retrouver des données multimédias. Y participeront notamment Thomson, Exelead, l’INA, France Télécom et Deutsche Telekom. Les deux opérateurs historiques se retrouveront aussi sur un projet d’interopérabilité des réseaux 3G. Le but étant d’atteindre une « connexion optimale permanente ».
Les deux autres projets concernent la recherche biomédicale. Siemens et Alstom, dont les relations ont pu être difficiles par le passé, collaboreront notamment avec le Commissariat à l’énergie atomique et l’université de Fribourg sur des procédés d’imagerie moléculaire à très hauts champs. Afin de concevoir des systèmes d’IRM plus précis, ciblant les pathologies du système nerveux, du système cardiovasculaire ou des cancers. De même, Thalès, Leica et l’institut Curie se retrouveront autour d’un projet de biophotonique. Cette technique permet d’analyser et de traiter des molécules, en utilisant les réactions du vivant aux rayons lumineux, comme les lasers. Le financement de ces premiers projets devrait intervenir à l’automne prochain.

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