Pour la première fois, un de ses membres s'inquiète en public du niveau de la monnaie unique. Pour Arnout Wellink, grand argentier des Pays-Bas, "la menace principale réside dans la rapidité de la hausse de l'euro".
Pour la première fois depuis que l’euro a commencé son ascension face au dollar, un membre du comité monétaire de la banque centrale européenne s’inquiète en public du niveau de la monnaie unique. Arnout Wellink, grand argentier des Pays-Bas, a en effet assuré jeudi dans les colonnes du Financial Times que l’euro constitue aujourd’hui « l’un des facteurs de risques » pour la reprise. Il a également souligné que « la menace principale réside dans la rapidité de la hausse de l’euro, qui empêche les agents économiques de réagir de manière adéquate ». S’exprimant lui aussi jeudi, dans le Wall Street Journal, Jean-Claude Trichet s’est montré plus énigmatique. Pour le président de la BCE, l’essentiel est que la Fed et la BCE « poursuivent actuellement la même stratégie, qui a pour but la solidité et la stabilité des monnaies ». Une sorte d’appel à ne pas laisser tomber le dollar. La politique américaine reste d’ailleurs officiellement celle d’un « dollar fort ».
Quoiqu’il en soit, dans les faits, le dollar n’en finit pas de chuter et, mécaniquement, l’euro de monter. La monnaie unique a atteint jeudi un nouveau record face au billet vert, à 1,2437 dollar. Malgré la vigueur de la croissance Outre-Atlantique, les investisseurs ne sont plus attirés par l’économie américaine, où les taux d’intérêts sont faibles et les déficits jumeaux - celui des finances publiques et celui des comptes courants - élevés. Un scénario qui verrait l’euro atteindre les 1,50 dollar n’est plus une chimère, avec le risque d’étouffer dans l’œuf une croissance embryonnaire dans la zone euro. Dès lors se pose une double inconnue. A quel moment l’intervention de la BCE deviendra-t-elle inévitable ? Et surtout, sera-t-elle menée de pair avec une intervention de la Fed ? De l’avis des économistes, seule une action concertée, consistant d’un côté à vendre de l’euro et de l’autre à acheter du dollar, est en effet susceptible d’inverser la tendance actuelle du taux de change euro/dollar.

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