Arnaud Lagardère a cédé devant les exigences de Bruxelles. Son groupe ne reprendra que 40% du périmètre d'Editis. Reste à présent à trouver des repreneurs pour les 60% restants.
Soulagement pour Arnaud Lagardère, qui avait fait du dossier Editis une priorité depuis la disparition de son père, Jean-Luc : Bruxelles s’apprête à dire " oui " à son projet de rachat partiel du numéro un français de l’édition. Mario Monti, le Commissaire à la Concurrence, déposera en effet une demande en ce sens auprès de la Commission européenne. La réponse définitive est attendue au plus tard début janvier.
Pour autant, les marchés n’ont pas vraiment eu l’heur d’apprécier. Le titre Lagardère chutait de près de 1% mercredi avant de se reprendre quelque peu et de clôturer sur une baisse de 0,6%. C’est qu’en vérité l’agrément virtuel européen se fait a minima : pour convaincre l’Antitrust, l’acquéreur a été obligé de revoir singulièrement ses prétentions à la baisse. Au final, le périmètre d’Editis (ex-VUP) sera ainsi amputé de 60%. Certains candidats, à commencer par l’italien RCS, se sont du reste déjà manifestés. Hachette devra donc se passer de certains des fleurons de l’édition française qu’il convoitait tant initialement, dont Le Robert, Bordas, Nathan ou Plon-Perrin. Surtout, il devra renoncer à la plateforme de distribution Interforum, le cœur stratégique du métier. Lagardère récupèrera seulement Larousse, Armand Colin, Dunod-Dalloz dans l’Hexagone et Anaya en Espagne. Seule consolation pour le groupe : les actifs d’Editis conservés figurent parmi les plus rentables de l’ensemble. Autrement dit, Lagardère lâche sur le volume, mais se rattrape sur les marges. Au final, il aura payé quelque 600 millions un package qui pèse un peu plus de 360 millions de chiffre d’affaires.
Sur le fond, dans ce dossier complexe pour lequel la banque Natexis assure un portage de plus d’1 milliard d’euros depuis un an, Lagardère/Hachette sera allé de renoncements en concessions. Pour commencer, le groupe espérait ne devoir céder que le tiers du chiffre d’affaires de sa " proie " et en tout cas ne devoir abandonner aucune des plateformes de distribution. Résultat ? Il doit lâcher le double et oublier Interforum, la plateforme de distribution ultramoderne d’Editis. Et puis, il escomptait une issue rapide. Or, cela fait près d’un an que l’affaire plombe le milieu de l’édition. Bruxelles ouvrant une enquête approfondie et refusant le rapatriement du dossier à Paris.

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