Le groupe dirigé par Pierre Gadonneix vient de se faire souffler son troisième plus gros client, la SNCF, par la Snet, le numéro trois du marché et filiale de l'espagnol Endesa. A Paris, le titre EDF perdait 1% mardi.
Coup dur pour EDF : l'électricien public vient de perdre son troisième plus gros client, en l'occurrence la SNCF. Après moult palabres (on parle de 3 années de négociation), le transporteur ferroviaire a en effet signé un contrat de fourniture d'énergie de cinq ans avec une société privée, la Snet, la filiale à 65% de l'espagnol Endesa. Révélé mardi matin par Le Figaro, ledit contrat, qui couvrira la période 2007/2011, représenterait l'équivalent de la consommation en électricité pendant six ans de la communauté urbaine de Metz ! Il aurait même été conclu le 22 février selon le journal, mais volontairement passé sous silence depuis compte tenu du climat agité avec le projet de fusion entre Suez et GDF. Pour l'heure, ni la Société nationale d'électricité et de thermique, ni la SNCF n'ont souhaité s'exprimer.
A l'origine de cette infidélité commerciale, selon le quotidien ? L'envolée récente de deux postes budgétaires lourds, à savoir les péages d'infrastructures et l'électricité. Or, à l'instar de toute compagnie privée, la SNCF a basculé depuis longtemps dans une logique d'économie de coûts. Au regard de ses besoins croissants du fait de l'extension du TGV (Est), le groupe dirigé par Louis Gallois ne pouvait donc pas ignorer de telles économies potentielles. Ce que lui procurera visiblement son accord avec l'ancienne filiale des Charbonnages de France.
Quoi qu'il en soit, ce désaveu est symbolique pour le groupe dirigé par Pierre Gadonneix qui se heurte là aux conséquences sonnantes et trébuchantes de la dérégulation du marché de l'énergie. Il y a deux ans, pourtant, la SNCF s'était plainte ouvertement devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale de la lourdeur de sa facture d'électricité. A l'époque, celle-ci avait augmenté de près de moitié à 553 millions d'euros. Pour la Snet, en revanche, numéro trois en France derrière EDF et la CNR de Suez, cette opportunité lui permettra de doubler ses ventes et d'accrocher à son tableau de chasse un nom éminemment prestigieux après ceux d'Auchan, Le Bon Marché, France 3 ou encore Smart. A Paris, l'action EDF lâchait 1% mardi à la clôture avoir perdu près de 2,5% en cours de séance.

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