Deux affaires illustrent l’éveil de la France à l’intelligence économique. Le rachat d’Arisem par Saft, tout d’abord. Cette petite société, spécialisée dans les logiciels d’analyse sémantique, directement concurrente de l’américain Verity et du britannique Autonomy, était convoitée, fin 2003, par un fonds d’investissement canadien. Le gouvernement, lui-même client d’Arisem via le ministère de la défense, s’en est rapidement ému et, comme le dit Bernard Carayon, « les réseaux ont joué à plein pendant 48 heures » pour trouver une solution empêchant le départ vers Calgary de cette technologie particulièrement sensible. Directement sollicité par les pouvoirs publics, Thalès a finalement racheté 100% du capital d’Arisem, une transaction officialisée en avril dernier.
Un peu auparavant, en octobre dernier, Alcatel, dans le cadre de son recentrage sur les télécoms, avait décidé de céder sa filiale Saft, sa branche spécialisée dans les batteries industrielles, utilisées notamment par les sous-marins, les lanceurs de missiles et les satellites. L’acquéreur, qui déboursa près de 400 millions d’euros, était un fonds d’investissement britannique, Doughty Hanson, qui dans un premier temps se heurta au veto du ministère des finances. Et qui finalement obtint son aval à une condition : maintenir les activités sur les différents sites français de Saft. Faute de quoi le fonds s’exposerait à de lourdes amendes et son directeur à des poursuites pénales.

La 1ère banque française en terme de capitalisation boursière vient de s'emparer du meilleur de Fortis. De quoi lui permettre de se hisser au sommet de l'Europe pour le niveau des dépôts. Décryptage d'une banque qui va bien dans un environnement qui va mal.
Les deux établissements, déjà embarqués dans leur aventure commune Natixis, s'apprêtent à boucler dans l'urgence la fusion de leurs « noyaux centraux ». Objectif non avoué : sécuriser leur banque d'affaires.
Pourtant critiqués pour leur opacité, les tarifs de la SNCF ne changeront pas. Ils seront même un peu plus touffus, avec l'instauration d'offres « mini-groupes » et la multiplication des « week-end décalés ».
L'édifice se veut « inspiré par le design et la géométrie islamique ». Il sera accompagné d'une « ville dans la ville », avec transport urbain, quartier d'affaires, logements et commerces.
Les Européens veulent s'inspirer des Américains, qui viennent d'obtenir un prêt global de 25 milliards de dollars.
La banque française débourse près de 15 milliards d'euros pour acquérir les activités de Fortis en Belgique et en dans 5 autres pays. L'Etat belge devient le 1er actionnaire de BNP Paribas avec 10% du capital.