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Le pacte de stabilité à l'épreuve du couple franco-allemand

Thomas Bronnec -  14/11/2003 15:44:00  - L'Expansion.com 
 
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Après Paris, Berlin va subir mardi les remontrances de la Commission européenne. Les deux pays semblent avoir noué une alliance objective face aux recommandations de rééquilibrage budgétaire de Bruxelles.

Le pacte de stabilité va vivre sous peu un véritable instant de vérité. Mardi prochain, la commission européenne adoptera en effet de nouvelles recommandations à destination de l’Allemagne, qui pour la troisième fois consécutive verra son déficit public dépasser les 3% du PIB l’année prochaine. Il appartiendra ensuite aux ministre des finances des pays de la zone euro de les avaliser. Cela pourrait être fait dès leur prochaine réunion, les 24 et 25 novembre prochains, jour où sera aussi examiné le cas de la France. Les deux pays, qui rencontrent des problèmes analogues, seront « traités de la même façon ». C’est ce qu’a fait savoir le porte-parole de Pedro Solbes, commissaire européen aux affaires monétaires. Même si, dans le détail, les recommandations devraient être différentes, leur philosophie sera identique, calquée sur celle déjà adoptée par Bruxelles pour le cas français : un délai d’un an pour revenir sous les 3% - donc, en 2005 seulement, en contrepartie d’un effort supplémentaire dès 2004.

Le problème , pour l’Allemagne comme pour la France, est que le plus grand flou règne sur cet « effort supplémentaire ». Alors que dans les deux pays, les budgets pour l’année prochaine sont en passe d’être bouclés, aucune indication sur de nouvelles mesures d’économies n’a été donnée, ni par Hans Eichel, le ministre allemand des finances, ni par Francis Mer, son homologue français. Ce dernier a certes indiqué au début du mois qu’il présenterait « des améliorations éventuelles pour prouver notre bonne volonté », mais ni les baisses d’impôt ni d’éventuels prélèvements supplémentaires ne sont à l’ordre du jour – les recettes provenant du jour férié travaillé étant entièrement affectées à l’aide aux personnes âgées. Quant à Hans Eichel, il a clairement fait savoir qu’il était hors de question de renoncer au report des diminutions d’impôt prévues pour janvier.

Alors que la croissance semble repartir dans les deux pays et que l’excuse de la récession ne peut plus être invoquée, l’Europe ne peut se permettre le moindre laxisme face à ses deux premières économies. Mais quel que soit son choix, elle aura du mal à l’assumer. Si elle va jusqu’au bout en imposant à Berlin et à Paris des sanctions financières, elle ouvrira une ère de crise avec deux capitales de plus en plus liées, et dont dépend en grande partie son avenir. Si elle accepte des rustines d’apparat, le pacte de stabilité ne sera plus crédible et d’autres règles devront être définies pour gérer une policy mix qui n’a pas encore vraiment, jusqu’ici, fait ses preuves.

 
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