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Virgin et la Fnac font sauter les protections sur la musique

Benjamin Ferran -  16/01/2007 17:03:00  - L'Expansion.com 
 
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La Fnac et Virgin vont vendre des milliers de morceaux MP3 sans DRM, ces "mesures techniques de protection". Ces titres d'artistes indépendants sont désormais lisibles sur un iPod. Le modèle fermé d'Apple est menacé.

Le modèle d'Apple dans la musique en ligne se fissure. Coup sur coup, VirginMega et Fnac Music ont annoncé qu'ils distribueront désormais une partie de leur catalogue sans protection. Soit 200.000 titres chez l'un, 150.000 chez l'autre, dont les albums d'Anaïs, de Prodigy, de Henri Salvador, de Miossec et de Morcheeba. Techniquement, tous ces morceaux ne seront plus verrouillées par des DRM, ces « mesures techniques de protection » imposées par les maisons de disques qui empêchent de leur lecture sur n'importe quel baladeur, leur gravure sur CD ou leur transfert entre PC un trop grand nombre de fois. De quoi profiter enfin librement de la musique achetée sur Internet.

A cette occasion, Virgin et la Fnac jouent à fond la carte du consommateur pour discréditer le modèle fermé d'Apple. Dans un communiqué, le premier confirme ainsi « son engagement en faveur de l'interopérabilité et ce afin de pouvoir proposer une offre légale de téléchargement à tous les consommateurs, quelle que soit la marque de leurs terminaux numériques ». Derrière ces considérations quasi philanthropiques, la réalité bien plus mercantile. Car en libérant certains de leurs morceaux, Virgin et la Fnac s'ouvrent surtout le marché de l'iPod, qui représente environ un baladeur sur deux vendu en France. Jusqu'alors, leurs chansons étaient verrouillées avec une technologie de Microsoft, incompatible avec le baladeur d'Apple.

Débarrassées de leurs protections, les chansons au format MP3 sont donc lisibles sur n'importe quel appareil, iPod en tête. A première vue, cela ressemble fort à une victoire pour Apple, qui a toujours refusé d'ouvrir son baladeur aux autres formats protégés et fait plier ses concurrents. Mais à plus long terme, l'américain ne fera pas forcément une si bonne affaire. En effet, son disquaire en ligne iTunes perd un argument de vente majeur : sa compatibilité exclusive avec l'iPod. Pourquoi aller acheter des morceaux protégés sur iTunes quand on peut les trouver sur la Fnac et VirginMega, parfois moins cher ? Cela, eMusic l'a compris il y a bien longtemps. Numéro deux de la musique en ligne aux Etats-Unis devant Napster ou Real, il propose justement l'ensemble de son catalogue en MP3 sans protection.

Reste que cette ouverture ne concerne encore que les productions indépendantes. Traumatisées par le piratage, les majors du disques ne semblent pas encore prêtes à renoncer aux mesures techniques de protections, qui assurent que les morceaux ne se retrouveront pas sur les réseaux de « peer-to-peer ». L'UFC Que Choisir, qui s'est félicité mardi du « changement de cap », a de nouveau demandé « à tous les producteurs de permettre l'exploitation en ligne de leur catalogue sans verrous ». Des premiers signes de retournement sont déjà apparus, comme lorsque le directeur marketing produits de EMI, Laurent Fiscal, a déclaré en octobre que « les DRM sont un frein énorme au développement du marché de la musique en ligne ». Ils pourraient devenir plus fréquents si les essais de la Fnac et de Virgin sont concluants, d'autant que la musique en ligne est encore loin de compenser la baisse de l'industrie du disques en France (voir notre encadré). Apple, qui a toujours indiqué que les DRM lui ont été imposées par les majors, n'aura alors plus d'excuse pour ne pas suivre le mouvement.

 
Commentaires - (2)
cours camarade 16/1/2007 Recommander 0

Une offre commerciale techniquement simple , c'est la meilleure arme contre le piratage. Si les producteurs et distributeurs de musique veulent garder leurs clients il faut qu'ils leur proposent ce qu'ils ont envie d'acheter : de la musique qu'on peut acheter à l'unité (un seul titre et pas forcément un album) sans complication technique , qu'on peut télécharger et stocker quelle que soit la marque de son ordinateur (tout le monde n'écoute pas sur baladeur) et qu'on peut graver ou transférer comme on veut.

alexandre 16/1/2007 Recommander 0

apple a dmrisé ces titre sous la pression des majors et non le contraire. Je trouve bizarre cet campagne anti itune on ne parle que rarement de microsoft!

 
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