Bureaucratisation, services doublonnés, manque d'ambition... une note interne fait un rude constat des dysfonctionnements de Yahoo et appelle à des changements radicaux. Le PDG Terry Semel n'est pas épargné.
Le coup de gueule est brutal, mais terriblement réaliste. Dans une note interne publiée ce week-end par le Wall Street Journal, l'un des dirigeants de Yahoo pointe les dysfonctionnements majeurs de sa société et appelle ses troupes à des changements radicaux. Par « peur d'être laissé sur le bord de la route », Yahoo a enchaîné les acquisitions « comme on étale du beurre de cacahouète sur la myriade d'opportunités qui se présentent continuellement sur Internet », écrit Brad Garlinghouse. Faute d'une « vision précise et cohérente » de ses priorités, Yahoo est de surcroît « devenu beaucoup trop bureaucratique ». « Les décisions qui doivent être prises ne le sont pas, ou le sont trop tard », dénonce encore Brad Garlinghouse. Et les projets concurrents, qui devraient être intégrés, restent compartimentés. Exemple avec Yahoo Music Engine et Musicmatch, Flickr et Yahoo Photos, Del.icio.us et MyWeb, etc.
Brad Garlinghouse propose trois pistes pour résoudre les problèmes de Yahoo. D'abord rétablir clairement ses priorités. Entre groupe de médias et groupe Internet, « établir définitivement ce que nous sommes » et céder les services et les projets qui n'appartiennent pas au cœur de métier. Aujourd'hui, Yahoo est présent tant dans les fiches cuisine que dans les voitures écolo ou le recrutement en ligne. Ensuite, il faut rétablir clairement la responsabilité des chefs qui n'obtiendraient pas de bons résultats et améliorer en contrepartie les rétributions pour les bons éléments. Enfin, Yahoo a besoin d'une « réorganisation radicale ». « Nous pouvons être plus efficaces avec moins de monde », est-il écrit. Concrètement, il faut dégraisser, en supprimant de 15 à 20% des effectifs dans le monde, soit autour de 2000 personnes. « Des têtes doivent tomber », va jusqu'à glisser Brad Garlinghouse. « Il faut changer, et il faut changer bientôt. »
Terry Semel, dont l'autorité est mise à mal par ce mémo très critique, pourrait être l'un des premiers à en faire les frais. Selon le Wall Street Journal, des rumeurs laissent entendre que le directeur financier et le directeur exécutif se prépareraient à assurer ensemble la succession, ce dernier ayant même mandaté Brad Garlinghouse pour établir un état des lieux. S'il reste le site le plus visité du monde, Yahoo n'en est pas moins en perte de vitesse. Cette année, Google devrait le distancer largement en terme de recettes publicitaires, alors que les deux groupes étaient encore à égalité l'an dernier. De même, l'action Yahoo a perdu 31% depuis le début de l'année, quand celle de Google gagnait 20%. « Nous ne sommes pas satisfaits de nos performances financières au 3ème trimestre », reconnaissait en octobre Terry Semel, lors de la publication des résultats. A l'époque, le PDG comptait sur un nouveau système de publicité pour redresser la barre.

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Même si "Brad" a cru bon de crier au loup et commencer une chasse aux sorcières au sein de Yahoo, il est loin de tout soupçon... bien au contraire. Il est connu dans la Silicon Valley pour avoir conduit la start-up de voix sur IP Dialpad dans le mur... qui, celle-ci une fois rachetée par Yahoo, a connu le succès que l'on connaît ie un autre désastre. Sans parler de la firme d'investissements (VC) auquel il a appartenu et qu'il a aidé à faire imploser. Ce que je trouve amusant c'est que Brad "le loup blanc" a largement contribué à l'inertie de Yahoo et maintenant veut en profiter pour tirer la couverture vers soi. Ce que j'espère, c'est que les autres VeePee de la boîte ne se laisse pas prendre au jeu et vire bien vite cette brebis galeuse!
J'ai pris un service d'email payant pour ma société (Sciensoria) sur Yahoo en mars 2005. Ce service fournit un nom de domaine, 5 adresses email, et on peut envoyer ses emails depuis le compte email Web de Yahoo avec ses propres adresses email. Le service coûte 35 dollars pour un an. La transaction s'est faite en ligne, un reçu a été bien fourni, avec la référence du paiement et le numéro du client. Seulement deux mois plus tard, le service a disparu. Quand j'interroge le service clientèle (il est par ailleurs très difficile de trouver le lien pointant sur ce service sur le site de Yahoo), il m'a répondu que le compte de notre société a été supprimé. Commence alors un échange interminable avec Yahoo : le service clientèle prétexte que la date de naissance entrée lors de l'ouverture du compte n'est pas la bonne, alors que ce paramètre n'était pas mentioné comme décisif lors de l'inscription. Malgré le reçu et tous les paramètres de client qui y figurent, le service clientèle de Yahoo fait le sourd d'oreille et refuse de considérer le cas. Par conséquent, nous avons payé le service d'un an pour seulement 2 mois. Plus grave encore, le nom de domaine (sciensoria.com) est toujours "séquestré" par Yahoo bien que selon le contrat, il aurait dû être libéré depuis le mois de juin 2006. Actuellement, nous ne savons pas comment récupérer ce nom de domaine, nous avons l'impression d'être face à un mur, même les personnes de Yahoo répondent aux emails avec un style de messages automatiques, parfois il faut réfléchir pour savoir si c'est un humain qui a écrit l'email. Je suppose que mon cas n'est pas isolé.