Le débat sur le « déclin » de la France prend une étrange tournure. En incriminant des phénomènes généraux - la mondialisation ou l'intégration européenne -, en reprochant à l'Etat son incapacité à se réformer, les modernes cassandres risquent de conforter les Français dans l'idée nocive que leur destin leur échappe. Quant aux adversaires de cette thèse, ils font appel à la volonté et au génie national, dans des discours aussi abstraits. Pris entre catastrophisme et incantations, les citoyens ne savent qui croire.
Il serait plus utile d'attirer l'attention des Français sur leur responsabilité individuelle. Le sursaut ne viendra pas du seul gouvernement, si créatif soit-il. Il ne viendra pas non plus d'une Europe imaginaire, imposée à nos partenaires à partir des débris du rêve national, et qui, pour cette raison, ne verra jamais le jour.
Seule une réhabilitation de la discipline, individuelle et collective, permettra d'y arriver. Le manque de discipline des Français, leur répugnance à respecter la règle, au mépris de l'intérêt général, sont aujourd'hui la grande plaie nationale. Ce n'est pas nouveau : à en croire Tocqueville, la France d'Ancien Régime goûtait déjà les règles sévères appliquées mollement. Pourtant, la règle n'est plus, depuis longtemps, l'expression d'un pouvoir absolu auquel il faut échapper.
Le respect d'une discipline collective est tout d'abord essentiel pour l'intégration européenne. Ainsi, le pacte de stabilité et de croissance, qui fixe les règles de gestion de la monnaie unique, doit être respecté. Les entreprises françaises profitent pleinement des avantages de l'euro. Sans lui, la France aurait probablement été la cible de spéculations effrénées pendant la crise irakienne. En tout état de cause, nous ne pouvons pas vivre durablement au-dessus de nos moyens. En la matière, plus d'autodiscipline, plus de respect pour nos partenaires, ne nuiraient point, surtout de la part de Français qui prétendent créer une Union européenne forte.
La Sécurité sociale ne sera pas non plus sauvée si chacun ne fait pas un effort. Son déficit a été qualifié d'« abyssal » par les autorités. A force d'entendre parler de milliards, les Français ont tendance à oublier qu'ils ont creusé l'abîme jour après jour, par leur désinvolture. Chacun a en tête des dizaines d'abus. Là encore, le manque de discipline finira par détruire la solidarité.
Face à la mondialisation, les responsabilités sont avant tout individuelles. Le développement des pays du Sud est absolument nécessaire, mais la course aux prix bas, le manque de discernement dans nos achats, font de chacun de nous, au quotidien, un complice de certains exploiteurs. Là encore, il faut sans doute moins pleurer la désindustrialisation de notre pays qu'agir en consommateur discipliné, soucieux de promouvoir, par ses achats, le commerce le plus équitable possible.
Enfin, c'est en matière d'environnement que le manque de discipline aura les conséquences les plus catastrophiques. Qui a tué 14 000 personnes ? La canicule, phénomène météorologique hors de notre portée, ou l'accumulation de gaz à effet de serre, liée à notre usage irresponsable de la voiture ? Cette fois-ci, me direz-vous, nous ne sommes pas seuls en cause. Que voulez-vous, même le déclin n'est plus français. Tout fiche le camp, décidément.

Renault a dégagé un bénéfice net de 1,58 milliard d'euros au premier semestre. Soit une hausse de 20% par rapport à 2007. Cela grâce à la contribution de Nissan.
L'action du spécialiste américain du refinancement hypothécaire plongeait vendredi à Wall Street de plus de 8% en séance. Fannie Mae a essuyé de fortes pertes au 2ème trimestre, bien plus lourdes que prévu.
L'avionneur européen Airbus devance son concurrent américain au nombre des commandes enregistrées depuis le début de l'année : 711 contre 543.
Le titre Axa gagnait 4,8% jeudi, soutenu par la publication de résultats semestriels supérieurs aux attentes des analystes, malgré la perte de valeur de certains de ses actifs financiers.
Les ventes ont chuté de 16% au premier semestre. Le malus écologique et la hausse du prix de l'essence font leur effet.
Grande première en France, le trafic sur les autoroutes a baissé de 4% en juillet par rapport à l'an dernier, conséquence de l'envolée des prix à la pompe. Ce qui ne fait pas les affaires des sociétés concessionnaires.