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Le sursaut français n'est pas pour 2007

Par Jean-Pierre Petit, directeur de la recherche économique à Exane BNP Paribas. -  01/01/2007  - L'Expansion 
 
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En France, les difficultés économiques et le désarroi moral débouchent souvent sur l'espoir d'un sursaut incarné dans une forte personnalité. Certains l'attendent des prochaines élections, mais ils risquent d'être déçus, car la poursuite du déclin reste l'hypothèse la plus probable.

Pourquoi ? Parce que la crise n'est pas encore assez grave pour être salvatrice. Et parce que la classe politique connaît les expédients qui permettent de reporter les sacrifices sur le dos des prochaines générations : hausse de la dette (privée et publique), subventions de l'emploi, bulle immobilière, boucs émissaires (BCE, pays émergents, « patrons voyous », Commission européenne...). La campagne électorale, hélas, le confirme.

Notre classe politique se caractérise aussi par la surreprésentation du secteur public et une faible ouverture internationale. Elle est donc peu portée sur l'innovation et sur l'expérimentation. Notre système institutionnel combine un régime monarchique anachronique avec une décentralisation anarchique, qui dilue les compétences et les responsabilités. Le succès politique du principe de précaution ou des « boucliers » social, sanitaire, monétaire, en témoigne et renforce une inculture économique largement partagée.

La mondialisation, le vieillissement, la concurrence fiscale européenne, l'innovation technologique, bref, les principaux vecteurs du changement économique n'ont pas encore fait sentir leurs effets. D'autant que, parallèlement, les élites économiques mondialisées se détachent de leur territoire à travers leur emploi, leur fortune ou les études des enfants. Et deviennent indifférents au destin du pays.

La France s'estime encore assez riche pour pouvoir s'offrir un déclin graduel, même s'il a déjà généré une profonde fragmentation de la société. L'individualisme, le corporatisme et le communautarisme risquent donc d'entretenir longtemps cet illusoire repli défensif.

 
Commentaires - (3)
nicolas 3/1/2007 Recommander 0

Ce qui n'est peu perceptible à l'echelle individuelle est une evidence collective. Nous gardons encore la capacité de copier avec retard les nations innovantes, mais nous ne sommes plus presents là ou se crée la valeur ajoutée. La vraie question qui se pose est celle de la sortie dans la douceur. Nouer des partenariats pour envoyer les elemens les plus prometteurs à l'etranger dans l'espoir de creer une diaspora pourrait etre une solution.

Xavier DUMOULIN 3/1/2007 Recommander 0

N'en déplaise aux déclinologues de tous poils, les français ne sont pas défaitistes! Ceux qui vitupérent contre notre modèle social, emprunt - dénoncent-ils - de ringardisme et de rigidités, vantent dans le même temps les vertus des systèmes étrangers souples et flexibles. Cette entreprise de démoralisation s'appuie sur des présupposés idélogiques qui ne résistent pas vraiment à l'examen concret des situations. Nos déclinologues obnubilés par leur passion destructrice oublient de dire le prix à payer pour sacrifier à leurs modèles. La France est un pays encore très attractif. Sa productivité au travail supporte largement la comparaison avec l'étranger. Le travail est souvent qualifié. La démographie reste favorable. Tout étant affaire de diagnostique, il serait utile de poser des vraies questions. Quelles sont nos valeurs et dans quelle société veut-on vivre? Ces fondements une bonne fois posés, je concède alors que tout reste à faire...en matière de solidarité et d'avancée vers une société redonnant au travail la place central qu'il mérite. C'est tout un programme et ça ouvre des perspectives motivantes. De quoi nous faire retrousser les manches. Là nous nous comprenenons mieux!

Karim 3/1/2007 Recommander 0

avec 2% de croissance/an la france n'est pas en déclin, pas plus que la suisse avec ses 1.5% moyens

 
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