Lastminute.com, l'agence de voyages en ligne, va être rachetée pour 577 millions de livres, soit 848,5 millions d'euros. Son acquéreur américain, Travelocity veut profiter d'un marché européen en plein développement.
Un pas de plus dans la concentration du tourisme en ligne : Travelocity va racheter Lastminute.com. L’acquisition de l’agence britannique, qui vend voyages et loisirs sur Internet, a été officialisée par Sabre, maison-mère de Travelocity. Dans un communiqué, le numéro trois mondial du tourisme en ligne a annoncé jeudi une OPA amicale sur Lastminute.com. La transaction s’élève à 577 millions de livres, soit 848,5 millions d'euros. Cette annonce officielle intervient au lendemain des rumeurs de rachat qui avaient agité mercredi la bourse londonienne. Sur fond d’incertitudes, l’action de Lastminute.com avait bondi de 45,73 %, pour clôturer à 153 pences. L’acquisition par l’Américain se fera à un cours de 165 pences, soit une valorisation de 57 % par rapport au cours du 10 mai.
Après avoir lancé en novembre 2004 Odysia, déclinaison française de Travelocity, pour conquérir le marché français, Sabre poursuit sa croissance externe. En rachetant Lastminute.com, il met la main sur une entreprise qui n’a encore jamais fait de bénéfices, accusant encore une perte de 45,2 millions de livres entre octobre 2004 et mars 2005. Mais il capte aussi un opérateur, qui en à peine sept ans d’existence, a développé des positions dans 14 pays européens et conquis plus de 7 millions de clients. Pendant ses sept ans d'indépendance, le montant total des transactions a atteint 992 millions de livres, selon Lastminute.com, qui, pour la première fois, a dégagé un excédent brut d’exploitation sur son premier semestre 2004-2005. Rien que pour cela, « la marque Lastminute.com en elle-même vaut le coup d’être rachetée », selon un analyste anglais. A fortiori « dans un secteur où les marges sont très réduites et où tout réside dans les économies d’échelle », ajoute-t-il. D’ailleurs, Lastminute.com avait déjà entamé un processus de concentration en acquérant 14 sociétés, après le français Dégriftour en 2000. L’objectif de Sabre est de faire rapidement des économies d’échelle. Lastminute.com donnera à l’Américain une position de leader en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, en Scandinavie et en Espagne.
Ce rachat se fait à un moment où le développement du tourisme et du loisir en ligne affiche des progressions spectaculaires. Et particulièrement en Europe. Travelocity estime que le Vieux continent est « le marché du tourisme le plus vaste ». En 2004, le tourisme on line y a crû de 9 %. Pour 2006, Travelocity s’attend à une progression de près de 20 %. En rachetant Lastminute.com, le groupe américain tente donc de se positionner comme leader sur un secteur encore en pleine consolidation. « Nous espérons que la combinaison entre Travelocity et Lastminute permettra de profiter de la croissance rapide du marché européen en ligne », a déclaré Sam Gilliland, président de Sabre. Dans le match avec IAC et Cendant, ses deux autres concurrents américains pour le partage du marché européen, Sabre vient donc de marquer un point.

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