Neuf Télécom et Cegetel fusionnent pour donner naissance à "Neuf Cegetel", premier opérateur téléphonique alternatif et troisième fournisseur d'accès à Internet en France. Avec 72% des parts, Neuf Télécom prend le contrôle de la nouvelle entité. L'entrée en bourse est prévue au mieux fin 2006.
C’est officiel. Neuf Télécom et Cegetel fusionnent. Ils donnent naissance au premier opérateur téléphonique alternatif et au troisième fournisseur d’accès à Internet en France. Si les deux sociétés ont convenu de partager leur nom pour devenir « Neuf Cegetel », Neuf Telecom prend manifestement l’ascendant sur son ancien concurrent. C’est Jacques Veyrat, actuel président de Neuf Telecom, qui devrait d’ailleurs diriger le nouveau groupe. SFR, maison-mère de Cegetel, n'en détiendra que 28%. En échange, SFR recevra une contrepartie sous forme d'obligations émises par Neuf Cegetel. Tandis que les 72% restants du nouveau groupe seront donc répartis entre les actionnaires de Neuf Telecom. Soit 28% pour Lous-Dreyfus, principal actionnaire, et 44% pour les actionnaires minoritaires de Neuf Telecom, parmi lesquels Suez, Belgacom et Telecom Italia. La SNCF, actionnaire à 35% dans Cegetel, s’est totalement désengagée. L'entrée en bourse du nouveau groupe est annoncée pour fin 2006, début 2007.
Le dialogue entre Neuf Telecom et Cegetel a débuté en 2004. Très proches, les deux sociétés courent après France Télécom dans la téléphonie et dans l’Internet, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Et cherchent à atteindre une taille critique dans ces secteurs très concurrentiels. Chacun avance aujourd’hui autour de deux millions d’abonnés. Mais avec une prédominance de la téléphonie fixe pour Cegetel (1,7 millions de clients), et de meilleurs résultats dans l’Internet à haut débit pour Neuf Telecom (540.000 abonnés). Mi-2007, ils tablent sur quatre millions de clients grand public dont deux millions de clients ADSL. Et prévoient de devenir numéro un sur le segment des entreprises avec 20% de parts de marché. Cette année, Neuf Cegetel anticipe un chiffre d’affaires cumulé de 2,8 milliards d’euros, et espère atteindre 3,3 milliards en 2008. Pour l’heure, les résultats des deux sociétés sont très proches. En 2004, Neuf Telecom a affiché 1,17 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour perte d’exploitation de 55 millions. Cegetel un chiffre d’affaires de 1,43 milliard d’euros pour une perte d'exploitation de 75 millions.
Des synergies risquent d’être rapidement trouvées dans le déploiement et la gestion du réseau. Neuf Telecom et Cegetel disposent chacun d’environ 22.000 kilomètres de fibres optiques, qui parcourent la France. L’un des réseaux pourrait être utilisé pour l’Internet, l’autre pour la voix. Tout en continuant d'être vendus en gros aux autres fournisseurs d'accès. Des économies sensibles pourraient aussi être dégagées par la fusion des DSLAM, ces équipements de réseau qui permettent de relier les clients à l’ADSL. Sur le volet social, les 1800 salariés de Neuf Telecom devraient être épargnés par les économies de personnel. Les 1000 salariés de Cegetel paraissent en revanche moins bien protégés. Avant que la fusion ne soit effective, les comités d'entreprises doivent donner leur avis. La Direction générale de la concurrence doit aussi être consultée.

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