L'explosion du nombre de pourriels fait au moins des heureux : les éditeurs de logiciels censés lutter contre ce fléau. Un marché qui représenterait à terme plusieurs milliards de dollars.
2,5 milliards : c’est le nombre d’emails publicitaires non sollicités envoyés chaque jours sur l’Internet. Le phénomène a pris ces dernières mois une ampleur préocupante. Les " spams " ou " pourriels " représentent déjà plus de la moitié des courriers électroniques circulant aux Etats-Unis, et bientôt en Europe. Ils constituent, tout comme les virus, un véritable fléau économique. Ils encombrent réseaux et disques durs, et surtout font perdre beaucoup de temps. L’institut Ferris Research évalue le préjudice à 1,1 million de dollars par an pour une société de 10.000 personnes. La facture atteint 10 milliards d’euros selon la Commission européenne !
Cette situation contraint les pouvoirs publics à réagir. Le congrès américain a adopté une loi obligeant les " spammeurs " à offrir aux internautes la possibilité d’être rayés de la base de données — ce contrôle intervenant après l’envoi du pourriel est désigné sous le nom " d’opt-out ". L’Europe, à travers une directive adoptée cette été, s’oriente vers un disposititif plus contraignant, obligeant les " spammeurs " à obtenir l’autorisation préalable des internautes — on parle " d’opt-in ".
En attendant, l’accumulation de cyberprospectus dans les boîtes à lettres électroniques fait le bonheur des éditeurs de logiciels de sécurité. Des sociétés spécialisées dans la lutte contre les virus, comme Symantec ou Network Associates, ont ajouté cette nouvelle corde à leur arc. Elles viennent concurrencer les sociétés plus petites, comme Postini, SurfControle ou Brightmail, spécialisée dans les filtres antispam, aujourd’hui courtisées par les capitaux risqueurs. Le marché de la lutte contre le spam devrait peser 2,4 milliards de dollars à l’horizon 2007. A moins que l’ogre de Redmond ne tue le marché dans l’œuf : Bill Gates vient d’annoncer au Comdex la sortie d’un filtre antispam gratuit, baptisé IMF (Intelligent Message Filter). Il sera livré avec serveur de messagerie Exchange Server 2003, et pourrait être intégré ensuite au client Outlook. La méthode a fait ses preuves…

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