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L'administration française s'emballe pour le logiciel libre

Gilles Musi -  08/09/2006 12:00:00  - L'Expansion.com 
 
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En 2007, la suite bureautique libre OpenOffice va équiper plus de 400.000 ordinateurs dépendant d'un ministère ou d'une grande administration française. Un succès qui ne fait pas les affaires de Microsoft. Explications...

En matière de technologies de l'information, il est au moins un domaine dans lequel la France dame le pion à ses partenaires européens et américains: celui du logiciel libre. Depuis quelques années, dans l'hexagone, ministères et grandes administrations traversent allègrement le Rubicon et n'hésitent plus à s'affranchir de leur dépendance à Microsoft. En 2007, plus de 400.000 postes informatiques dépendants de l'administration centrale française seront ainsi équipés du logiciel libre OpenOffice (traitement de texte, tableur et base de données) en lieu et place de la traditionnelle suite bureautique Office de Microsoft.

Un constat surprenant mais finalement logique. Sophie Gautier, responsable du projet francophone OpenOffice.org: « Cela fait plusieurs années que nous réalisons en France un travail d'approche des administrations, de démonstration de nos produits et de support. Les premières expériences ont permis de valider le choix de la migration », explique-t-elle. De leur côté, les politiques ont encouragé cette mutation:  pour mémoire, une ordonnance ministérielle du 7 décembre 2005 prévoit « des dispositions relatives (…) à l'interopérabilité des systèmes d'information destinés à rendre compatibles les différents systèmes des administrations ». Et pour atteindre cet objectif, la Direction générale de la modernisation de l'Etat (DGME) a notamment recommandé l'utilisation du format de fichier universel et ouvert, Open Document Format.

La Gendarmerie nationale et le ministère de l'Equipement qui ont achevé leur migration apparaissent comme les précurseurs d'un mouvement qui touche désormais aussi bien le ministère des Finances que celui de l'Intérieur, de la Culture ou de la Justice, la Direction Générale des Impôts tout autant que les collectivités locales, les hôpitaux et, plus récemment les PME.

S'agissant des logiciels libres, trois facteurs ont pesé dans la balance au moment des choix, rappelle Sophie Gautier: la gratuité du logiciel, un format de fichier standard et qui assure une indépendance à ses utilisateurs, et la pérennité de ce format basé sur le protocole XML. « Ce standard, et donc l'interopérabilité qui en découle étaient importants pour la Gendarmerie nationale, non seulement dans ses rapports avec les autres institutions liées à la sécurité intérieure, mais aussi dans ceux la reliant aux citoyens », souligne le colonel Nicolas Géraud, adjoint au sous-directeur télécoms et informatique de la Gendarmerie nationale qui compte aujourd'hui 70.000 postes équipés de la suite OpenOffice. Autre aspect décisif : les coûts. « Entre 2000 et 2003, nous achetions pour 2 millions d'euros de licences MS Office par an, et la plupart des postes ne disposaient que d'un traitement de texte. Depuis 2004, nous faisons 2 millions d'économies par an et tous nos postes sont équipés de la même suite bureautique », ajoute le colonel Géraud.

En 2007, le format Open Document deviendra d'ailleurs le format d'échange de référence du ministère de la Défense… à moins que les aspects sécuritaires ne viennent enrayer cette dynamique. En effet, un rapport publié par l'Ecole supérieure et d'applications des transmissions (Esat) et remis cet été aux services du ministère de la Défense s'inquiète des failles potentielles de la suite logicielle OpenOffice. Les éditeurs d'anti-virus, eux, sont partagés. « Une faille est d’ores et déjà corrigée et nos développeurs travaillent avec l’Esat sur quelques points plus conceptuels », tient à préciser Sophie Gautier.

En tout état de cause, la nouvelle version 2.1 ou 3.0 d'OpenOffice qui devrait voir le jour l’an prochain tiendra compte de cette nouvelle donne. En attendant une nouvelle mutation technologique avec le Web 2.0 : « Nous attendons de voir comment le concept de Web 2.0 évolue », note Sophie Gautier.

 
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