Microsoft puis Yahoo se sont lancés cette semaine dans le "push email". Objectif: attaquer le BlackBerry qui domine le marché de l'email mobile. Mais le terminal de Research In Motion garde de l'avance en fonctionnalités et en sécurité.
Pas de répit pour le BlackBerry. Des éditeurs de logiciels aux portails Internet, des fournisseurs de services Internet aux opérateurs de téléphonie, la riposte à la domination de Research In Motion sur l’email mobile arrive de toute part. Dernier en date, Yahoo. Le portail Internet, que l’on n’attendait pas forcément sur ce marché, s’associe à son compatriote Sprint pour lancer « Yahoo Mail for Mobile ». Avec ce service, vendu 3 dollars par mois, le féru de courrier électronique lira en temps-réel sur un smartphone les messages reçu sur son adresse Yahoo, pièces-jointes comprises. Pour l’heure, seuls deux modèles de PalmOne, les Treo 600 et 650, sont compatibles. En France, les opérateurs de téléphonie mobile ne sont pas en reste. Fin mai, SFR lançait les solutions « Business Mail » selon le même principe. Permettre à ses clients, pour 25 euros hors taxe par mois, de recevoir instantanément ses courriels depuis tout compte POP. Trois terminaux, non BlackBerry, sont supportés.
Pour concurrencer BlackBerry, Yahoo et SFR font appel à des sociétés d’e-mailing. Visto et Seven, concernées ici, agissent en intermédiaire entre le compte traditionnel et le terminal de l’utilisateur, qui n’est alors plus contraint de relever son courriel manuellement. C’est la pratique du « push email », qui a fait le succès de Research In Motion. Difficile, aujourd’hui, d’imposer un système mobile sans cette technologie. Steve Ballmer, PDG de Microsoft, confessait lundi n’avoir pas suivi la bonne voie. Et annonçait la disponibilité immédiate d’un « Messaging & Security Feature Pack » pour Windows Mobile 5.0 supportant cette technologie, baptisée ici « Direct Push ». Avec un avantage par rapport à BlackBerry : la gestion autonome des courriels à l'intérieur de l'entreprise grâce à la plate-forme Exchange Server 2003 SP2. Cependant, Research In Motion ne paraît pas encore menacé. Même s’il a ses chances dans les plus petits marchés, « Microsoft ne peut pas encore rivaliser avec l’expérience de BlackBerry en terme de fonctionnalités et, plus important, de sécurité », estime ainsi Elsa Lion, analyste des technologies mobiles chez Ovum.

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